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Le mayennais François Pervis décroche l’or

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Onze ans qu’il courait après une médaille d’or aux championnats du monde ! Hier soir, à Minsk, en Biélorussie, François Pervis a enfin touché le Graal, et son bonheur est aussi mérité que contagieux.

 

Tous les Mayennais peuvent être fiers de sa réussite, car ce champion-là est un gars « bien de chez nous ». À Paris, on le reconnaît facilement avec son accent mayennais et ses « ben ouais » qui fleurissent ses phrases.

 

François Pervis a grandi à Villiers-Charlemagne et ne cache pas son attachement pour son département, sa rivière, son village, où il revient le plus souvent possible. Pour retrouver ses parents, « à qui il doit tout », pour pêcher, voir les potes, s’éclater au méchoui de Villiers, le plus grand de France, dit-on.

 

Ce qui frappe le plus, chez lui, c’est son franc-parler. Pas du genre à cacher ses sentiments, ses états d’âme, ses envies non plus. 2008, l’année difficile. Chute, fracture de la clavicule, cœur en berne : la déprime n’est pas loin. Au fond du trou, François Pervis a son remède bien à lui : « J’ai besoin de me retrouver seul, quand ça ne va pas. J’ai pris mes cannes à pêche et je suis allé dans le Pays Basque. J’ai planté ma tente au bord d’un lac, seul, et j’ai vécu ainsi comme un ermite, pendant trois semaines ».

 

Un regret : ne pas avoir été sprinteur sur route

 

Troisième du kilomètre des Mondiaux, il y a deux ans, il faisait une moue rigolote, facétieux, sur le podium, médaille d’or de Mulder dans la main, sous l’œil amusé du Néerlandais, qu’il a largué hier. Quelques jours plus tôt, il confiait ses regrets de ne pas avoir été sprinteur sur route, pour la reconnaissance et l’argent qui vont avec, tout ce qui fuit les pistards. « On n’a pas beaucoup de sprinteurs en France. Avec ma pointe de vitesse, je me serais fait un petit nom sur la route », pense-t-il toujours, aujourd’hui. Il s’est tourné entièrement vers la piste en 2001, quand Gérard Quintyn l’a sélectionné en équipe de France, et ouvert les portes de l’Insep. « J’ai eu deux mois pour décider de laisser tomber tout le reste ». Le reste, ce sont toutes les autres disciplines du cyclisme, dans lesquelles il excellait.

 

François Pervis est né avec un vélo et s’est logiquement dirigé, à 12 ans, vers l’école de cyclisme du VC Château-Gontier. « Le week-end, c’était souvent compétition de piste le vendredi soir, VTT le samedi et route le dimanche. Et cela m’arrivait de rapporter trois bouquets à ma mère. » L’automne venu, il s’éclatait en cyclo-cross. « J’adorais. » Ses rivaux régionaux de l’époque s’appelaient Jérôme, Turgot, Quémeneur.

 

«Un sacré coup de pédale, le petit !»

 

La petite histoire raconte que sa toute première course, il l’a disputée sur le vélodrome de Renazé, sous les yeux des frères Madiot. « Yvon aurait dit à Marc : il possède un sacré coup de pédale, le petit », rapporte Pervis, soudain plus grave, quand on fouille un peu plus dans son enfance. Pudique, mais sincère. « Quand j’étais jeune, mes parents avaient des soucis financiers. Petit, je n’ai jamais eu de jouets, je ne suis jamais parti en vacances. Mais mon père s’est toujours débrouillé pour que je possède un vélo. Les autres se foutaient de moi, avec mes cale-pieds et mes vitesses au cadre. Pas grave, c’était mon vélo. »

 

Aujourd’hui, François Pervis est un pistard en or mais toujours sans un sou, qui espère que son titre va lui ouvrir de nouveaux horizons : une équipe, des partenaires financiers plus nombreux. Et qui sait, il peut encore doubler la mise, voire la tripler d’ici la fin des championnats du monde ? Son but ultime, ensuite, ce sera de décrocher l’or olympique, lui qui a été mis sur le banc par sa Fédération, l’été dernier à Londres.

 

L’après-vélo ? Pourquoi pas entraîneur, une reconversion à la Florian Rousseau. Pour cela, lui qui n’a jamais été un très bon élève doit encore valider un master en management et organisation sportive. Il traîne un peu des pieds. Il a un autre rêve, encore. Sauver des vies. « J’ai toujours été fasciné par les pompiers de Paris… »

 

source : ouest france

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